Football - Rennes, question de morale... |
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Au sortir d’une dernière saison qui a plus sûrement nourri les frustrations que les espoirs chez ses supporters, le Stade Rennais, plutôt que de s’engager dans la course à l’armement, préfère surfer sur le contexte de crise moral du football français et faire du comportement de ses joueurs la première des priorités.
L'ENTRAINEUR
A l’heure d’entamer sa quatrième saison en Bretagne, Frédéric Antonetti, auquel il reste un an de contrat, n’ignore des attentes qui pèsent sur son équipe, dont le dernier exercice à plus sûrement nourri les frustrations que les espoirs. Pourtant, savoir, comme l’entraîneur corse, promouvoir les talents issus de la formation rennaise ne suffit plus ni aux supporters, ni à des dirigeants qui, surfant sur la crise morale du football français, réclament aussi, à l’image de Frédéric de Saint-Sernin, "un club exemplaire dans un monde du football "mis à mal", où des joueurs comme "des citoyens parmi d’autres" pourraient redevenir "des exemples pour tous ceux qui les supportent". Des intentions louables, mais qui pointent aussi les relâchements parfois coupables d’un effectif qui a tendance à trop se reposer sur son talent et moins sur ses valeurs. "Rien de dramatique, selon Dréossi, mais on doit beaucoup s’améliorer sur le comportement et l’éducation culturelle du joueur…" Une ambition qu’Antonetti, habité par des soucis a priori beaucoup plus terre à terre, tels que " éviter de prendre trop de buts facilement" ou "mettre à profit les temps forts que nous avons au cours du match", peut aussi rejoindre lorsqu’il annonce: "L’ensemble du groupe doit gagner en maturité et prendre ses responsabilités". Capable de décliner l’approche de l’OM, le technicien a préféré poursuivre le travail entrepris depuis quatre ans: "J’attends beaucoup de tous les joueurs. Nous continuons à faire confiance aux jeunes. (…) Il faudra cependant s’appuyer sur la continuité, qui est une réelle force pour le club.".
L'OBJECTIF
A Rennes, retrouver l’Europe paraît ne plus être une priorité absolue. Pour les dirigeants, l’essentiel est ailleurs et notamment, à travers "un projet nouveau de la formation" (*), plus que jamais considéré par Pierre Dréossi comme "un des facteurs importants de la compétitivité du Stade Rennais à haut niveau", dans cette nécessité d’"améliorer non seulement le talent du joueur, mais faire en sorte que culturellement, psychologiquement, au niveau de l’attitude, il y ait une éducation et que les gens se reconnaissent dans le joueur qui sort de notre centre de formation…" Pour que "le club soit réidentifié sur le territoire breton"
LE PRONOSTIC DE LA REDAC
Puisqu’à Rennes, on milite aujourd’hui pour "que le football redevienne quelque chose que l’on touche, vers lequel on se tourne" et pour "que le joueur redevienne celui que l’on affichait dans sa chambre et qu’il reprenne une valeur d’exemple…", selon la bonne parole délivrée par Frédéric de Saint-Sernin, ce travail de si longue haleine ne suscite guère, à court terme, l’espoir de voir Rennes transcender sa traditionnelle stabilité en Ligue 1.
(*) Sacré six années de suite meilleur centre de formation français, le Stade Rennais a dû laisser sa place de leader au classement 2012 au FC Sochaux-Montbéliard. Si les Bretons restent sur la deuxième marche du podium, c'est l'Olympique Lyonnais qui complète le trio de tête.
De Sports.fr